La consommation française d'électricité a diminué de "l'ordre de 1 %" en 2006, a indiqué dimanche soir 7 janvier, André Merlin, président de Réseau de transport d'électricité (RTE), sur la radio France Info. Cette baisse n'est "pas énorme", mais "cela fait neuf ans que l'on n'avait pas connu une telle évolution de la consommation", a-t-il souligné.
Cette baisse est à attribuer, aux conditions climatiques et à "une baisse très sensible de la consommation des grands industriels". "Il n'a pas fait très froid au cours de l'année 2006", a remarqué M. Merlin. Concernant la baisse de la consommation des industriels, le président du RTE attribue ce phénomène à "l'augmentation des prix de l'énergie qui a poussé à faire des économies mais a aussi provoqué un certain nombre de délocalisations vers d'autres pays en Europe et sans doute en dehors de l'Europe".
Selon le président de RTE, on observe depuis 2005 cette baisse de la consommation des grands industriels, "particulièrement dans trois secteurs : l'automobile, la chimie et le papier-carton qui sont de gros consommateurs d'électricité".
Interrogé sur l'insistance de la Commission européenne à aller plus loin dans le jeu de la concurrence, et qui donc souhaite briser les liens entre ceux qui transportent l'électricité et ceux qui la produisent, M. Merlin ne juge pas nécessaire une cession de RTE par sa maison-mère EDF. "La France fait plutôt figure de bonne élève de la classe en ce qui concerne les réseaux. Nous sommes considérés comme l'un des gestionnaires de réseau les plus indépendants en Europe", a-t-il rétorqué.
La Commission veut aller "au delà d'une simple séparation juridique", a-t-il relevé. "Notre position, c'est que si une séparation juridique s'accompagne d'une indépendance managériale de cette société par rapport à la société-mère, et s'il y a des garanties dans la loi - c'est le cas en France - qui permettent d'assurer cette indépendance, il n'est pas nécessaire d'aller jusqu'à une séparation de propriété", a-t-il estimé. "Nous souhaitons que les propositions qui seront faites par la Commission soient compatibles avec une bonne sûreté du fonctionnement du système électrique, ce qui me paraît essentiel", a-t-il ajouté.