André Merlin s'est bien gardé de le laisser paraître publiquement. Mais le patron du Réseau de Transport d'Électricité (RTE) ne peut qu'être satisfait. Il vient de recevoir le soutien sans équivoque de la Commission européenne sur le thème qui lui tient à coeur : l'indispensable indépendance des réseaux de transport et de distribution d'énergie par rapport aux producteurs d'électricité et de gaz.
André Merlin va-t-il utiliser cet appui pour faire avancer l'indépendance de RTE ? Et finir par obtenir qu'EDF se sépare d'une filiale qui contribue à environ 8 % de son résultat net ? " Le gouvernement s'est prononcé contre l'éclatement d'EDF, rappelle un observateur.
L'enjeu est lourd. RTE joue un rôle clé dans le paysage énergétique. Responsable des 100.000 kilomètres de lignes à haute tension, la société est le chef d'orchestre des flux d'électricité en France et veille à l'ajustement entre l'offre et la demande. Tout en assurant à chaque producteur - son actionnaire EDF comme les Suez et autres Poweo - un accès sans discrimination aux " tuyaux ".
Pour prouver que le rôle est tenable, André Merlin, qui dirige RTE depuis sa création au sein d'EDF en 2000 et a été reconduit à sa tête lors de sa filialisation en 2005, s'est fixé une mission claire : prouver son indépendance. " Pas par idéologie, mais parce qu'il est très inspiré par la notion de service public. Lors de sa filialisation, après d'interminables débats, il a obtenu des garanties statutaires encadrant strictement les pouvoirs de son actionnaire. Il est même parvenu à effacer toute référence à EDF dans le nom de RTE, une bataille qui n'était pas gagnée d'avance.
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