Des représentants de collectivités organisatrices de réseaux de transport en commun urbains ont souligné mercredi les difficultés de financement de ces infrastructures, chiffrant à 10 milliards d'euros sur 10 ans les besoins pour "une politique de déplacement digne de ce nom".
"A l'heure où le développement durable et la lutte contre le changement climatique ont été placés au coeur des priorités du gouvernement, celui-ci ne peut ignorer le rôle majeur des transports collectifs. Aussi, il se doit de rétablir un dispositif de soutien aux actions exemplaires", soulignent dans un document commun des communautés urbaines, des maires de grandes villes et le Groupement des autorités responsables de transport (GART).
Alors que l'Etat a apporté jusqu'en 2003 sa contribution à la réalisation des réseaux de transport collectif en site propre - à hauteur de 20% du montant des projets -, il s'est depuis désengagé de ce secteur, sa participation baissant de 7,7% par an.
Résultat, des projets ont dû être différés, réduits ou repensés, et surtout les collectivités locales ont dû mettre la main à la poche, le manque à gagner ne pouvant être compensé ni par l'augmentation des recettes commerciales ni par celle du versement transport des entreprises, plafonné, a expliqué à la presse le maire de Grenoble Michel Destot, président du GART.
Une situation d'autant plus paradoxale, selon lui, que "l'opinion plébiscite le développement des transports en commun", notamment en site propre, et qu'ils sont "un moyen de relever le défi climatique".
Dans la perspective du Grenelle de l'environnement, les élus attendent donc de l'Etat mais aussi de l'Europe "un engagement fort" pour "trouver environ 10 milliards d'euros dans les 10 ans qui viennent".
Ils demandent notamment "que soient rétablies les subventions aux projets de transport en commun en site propre, sur la base de critères explicites, pertinents et objectifs afin que les agglomérations soient toutes équitablement traitées".
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